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Pourquoi l'essence est-elle si chère au Cameroun ?

Le Cameroun est un pays exportateur net de brut, et a pourtant vu le prix de l’essence flamber à la pompe.  Une meilleure gouvernance permettrait-elle de profiter plus efficacement de notre richesse nationale ? Comment sont redistribués les profits pétroliers ?

Une production en baisse

Si l’on en croit le journalRFI en ligne :

Dans le cas du Cameroun où les prix sont encadrés, l’augmentation décidée par les autorités visait à répercuter la hausse de la facture pétrolière. Le Cameroun produit du pétrole mais sa qualité n’est pas adaptée à la fabrication des carburants. Il doit donc en importer des pays voisins, de la Guinée équatoriale et surtout du Nigeria pour le raffiner. Par ailleurs si le pétrole fournit encore à l’Etat le quart des recettes fiscales, c’est un secteur en déclin, incomparable avec le boum pétrolier qui anime l’économie des pays du Golfe de Guinée, Nigeria, Gabon, Congo ou Guinée équatoriale.

Le pic des prix du pétrole mondial :

Baisse de la production :
(Voir l’article www.aeud.fr)

Au-delà de la faiblesse du dollar et de la décote due à la qualité peu prisée du brut camerounais, la baisse des revenus pétroliers pour l’Etat résulte de la baisse continue de la production pétrolière camerounaise depuis près de 10 ans. La production pétrolière camerounaise, démarrée en 1977, a atteint son pic en 1986, avec plus de 10 millions de tonnes produits en un an, soit une moyenne de 175 000 barils par jour. La baisse de la production s’est accélérée au début des années 1990. En 1995, elle tombait à 5 millions de barils par an. En 1994, le gouvernement fait prendre des mesures incitatives en réaménageant les contrats pétroliers à l’avantage des multinationales, pour les encourager à développer les champs marginaux (les domaines pétroliers de faible potentiel). Cette reforme de la législation pétrolière est accompagnée d’assouplissements pour l’obtention de permis de recherches. Frontalier des grands producteurs de la région du Golfe de Guinée, le Cameroun misait sur la découverte d’importantes niches en onshore à la frontière tchadienne, où des données sismiques acquises ont été confiées à une firme chinoise.

Absence de transparence

Certes certains organismes publient les résultats d’extraction. C’est le cas de l’EITI (voir : eiticameroon.org)  mais combien l’Etat touche-t-il vraiment et comment est utilisé cet argent ? Cela reste très nébuleux. Lire à ce sujet un article documenté sur IPS :

Ces informations rapportées sur la production ou la vente du pétrole ne sont pas assez explicites sur l’utilisation finale des recettes pétrolières », explique à IPS, Bertrand Ekomo, membre de ‘Publiez ce que vous payez’, une coalition d’ONG basée à Yaoundé, la capitale camerounaise. Les informations fournies dans le document ne contiennent pas des justificatifs de dépenses ou de paiements attribués aux sociétés pétrolières et à l’administration, selon Ekomo.

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6 commentaires pour Pourquoi l’essence est-elle si chère au Cameroun ?

  • C. Mbouende Tawamba

    Mon commmentaire ci-dessus fait allusion a l’intervention de Mr. Douala datee du 22 Septembre 2010.

  • C. Mbouende Tawamba

    Ma comprehension de cet article s’allie a celle de Mr. Douala et aux questions dont il impose qui meriteraient des reponses afin de cloturer cette echange de maniere satisfaisante et d’apporter des eclaircissement sur ce probleme majeur dans l’espoir de proner des solutions appropriees. Merci aux auteurs de cet article pour cette information prealable.

  • Frank B.

    On apprend donc plusieurs choses:
    1 .le Cameroun produit de l’or noir mais ne possède pas les capacités pour raffiner le pétrole qu’il produit. D’ou le fait que le Cameroun est obligé d’en importer pour la consommation locale.
    2. On a bien une société de raffinement SONARA qui ne peut raffiner le pétrole produit dans le pays.
    Deux pensées me viennent à l’esprit:
    .Pour investir dans la création de société de raffinement adaptées au pétrole produit par le pays il faudrait que la production, les réserves estimées soient conséquentes afin de justifier l’investissement. Le Cameroun est souvent présenté comme dans une période post-pic pétrolier.
    N’est il pas temps de regarder et développer d’autres sources d’énergies. Le bassin de Douala/Kribi sur la côte, et le bassin de Lagoni dans le nord offrent des perspectives intéressantes en termes de gaz naturel.
    Une fois de plus, les hommes qui devraient ce saisir du débat, Professeurs d’énergie, experts camerounais en pétrole, ingénieurs sont muets.
    Il serait aussi temps de lancer le débat sur l existence et le maintien d’une monnaie donc l’avenir est décidé en France. Le Cfa permet surement de faciliter les échanges avec nos voisins mais a-t-on vraiment besoin de cette parité fixe avec la monnaie européenne quant on sait que nos échanges commerciaux avec le vieux continent se font le plus souvent en sens unique?

  • Apparamment, il nous manque des informations pour argumenter le niveau du prix de l’essence au Cameroun. Des questions qui restent sans réponses. Sommes nous alors considérés comme un pays non producteur de l’or noir ? Dans ce cas précis pouvons nous donc accepter cette hausse comme fatale ?

  • Atanga

    Je ne puis apporter une réponse complète à cette question relative au prix du pétrole au Cameroun. Les impôts et taxes absorbent au moins le tiers du prix de l’essence à la pompe. Il est cependant vrai que la SONARA ne raffine pas le pétrole camerounais. elle en importer une qualité qui est adaptée à sa technologie. La raison la plus simple est que l’usine de la SONARA livrée clé en main a été conçue pour raffiner un pétrole différent de celui que produit le sous-sol camerounais. Où étaient les ingénieurs de notre pays à ce moment là. Ont-ils été consultés ou écoutés? Avait-on comme il se doit dans ce genre de transactions pris les conseils d’un cabinet spécialisé lors des négociations du contrat SONARA?

  • martin ETINGUE-DOUALLA

    Merci infiniment de ces informations qui nous éclairent sur la situation de notre pays concernant un produit dont il était apparemment fier.

    Une phrase a retenu mon attention : la qualité du pétrole camerounais n’est pas adaptée pour la fabrication des carburants. Je pose donc la question : Que manque-t-il au pétrole camerounais? à quoi donc est destiné ce pétrole que le pays exporte ?
    Par ailleurs, je crois savoir que ce pétrole est dans une certaine mesure raffiné sur place (SONARA). Si quelqu’un peut m’expliquer quels produits on obtient après raffinage et ce qu’on en fait.
    Enfin, les produits obtenus après raffinage ne sont-ils pas utiles pour notre pays? Ces produits ne sont-ils pas exportables? Pourquoi ne pas développer la production de ces produits pour en devenir le principal producteur, ne serait-ce pour la région ou la sous région?

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