La solidarité, l’entraide et le support mutuel sont des traditions bien ancrées dans la culture et le vécu quotidien de tous les peuples du Cameroun. Des mécanismes traditionnels d’épargne-crédits, de travaux collectifs, d’amélioration de la productivité, de valorisation de l’effort et d’assistance sociale se retrouvent dans toutes les communautés et tous les villages du pays, faisant ainsi le lit d’un système économique et financier traditionnel que nous pouvons facilement moderniser.
Notre proposition financière et économique s’appuiera sur cet attachement ancestral des Camerounaises et Camerounais à la solidarité, l’épargne, l’entreprenariat et la productivité, pour créer des conditions favorables aux affaires. La rémunération juste de l’effort rendra possible la création de richesses et la possibilité de devenir milliardaire comme Bill Gates aux États-Unis par des voies régulières et sans tricherie, détournements ou favoritisme. Nous croyons fermement à la redynamisation du réseau de petites et moyennes entreprises comme moteur d’une économie qui crée des emplois, et redistribue équitablement la richesse dans un cadre bien réglementé par l’État. Les caractéristiques essentielles d’un tel système économique et financier seront les suivantes:
• Support des banques communautaires, régionales et commerciales
Dans notre proposition financière, les banques de tailles petites et moyennes et les assurances joueront le rôle d’intermédiaires entre les entreprises et les consommateurs à travers le financement de petits projets agricoles, commerciaux et autres prêts simplifiés aux ménages pour la consommation. La création et le fonctionnement de ces banques de tailles petites et moyennes s’inspireront du fonctionnement des « tontines » et autres mécanismes traditionnels de support et garantie mutuels déjà en application dans les petites institutions de microcrédit et micro-finance en développement au Cameroun. Ce mécanisme est très approprié pour le développement économique des campagnes et villages. Il donne aussi de très bons résultats en ville pour les couches sociales les plus défavorisées. Nous encouragerons la diaspora et toutes les forces vives du Cameroun à investir dans ces institutions financières de tailles petites ou moyennes. De même, nous renforcerons le cadre légal pour les sécuriser et assurer la protection des investisseurs. Un système bancaire allégé qui fonctionne bien est indispensable pour mobiliser l’épargne et mettre à disposition des entreprises et entrepreneurs, les crédits nécessaires à la relance de l’économie.
• Les petites et moyennes entreprises motrices de la relance
Il est important que le gouvernement encourage et stimule la créativité des Camerounaises et Camerounais pour la multiplication de petites et moyennes entreprises qui créeront de très nombreux emplois, réduiront de façon significative les 40% actuels du taux de chômage et assureront une meilleure redistribution des richesses nationales. Pour ce faire, il faudra simplifier le processus de création des entreprises et surtout mettre en place des structures d’encadrement, d’éducation et d’accompagnement pour épauler ces jeunes entreprises. La création d’entreprise est un véritable parcours du combattant aujourd’hui au Cameroun. Ceci est regrettable. Nous mettrons aussi en place des mécanismes de formation, de soutien et d’encadrement à tous les niveaux pour ces PME et PMI et accorderons des conditions spécialement favorables à celles qui se développent dans les secteurs des technologies du futur de l’énergie et du développement durable.
• Ouverture sous-régionale de l’économie et globalisation
Le Cameroun devra reprendre le flambeau pour le renforcement des échanges commerciaux dans la sous-région de l’Afrique centrale. Des dispositions légales, juridiques et financières seront prises pour encourager de tels échanges. De nombreux avantages en termes de taxes et impôts seront proposés pour encourager les exportations dans la sous-région et au delà. Des mécanismes de financement plus appropriés et de meilleurs accords commerciaux seront développés, pour assurer un cadre plus propice aux affaires et investissements dans notre pays.
• Création d’un système national sécurisé d’identification et de suivi intégrés
La modernisation de notre économie, du système financier, des services sociaux et de la solidarité nationale passera par la mise en place d’un mécanisme efficace derecensement et d’identification des personnes et des biens. Á l’effort indispensable du recensement et de l’identification des biens et ressources (certificat de propriété, titres fonciers etc.) devra s’ajouter un véritable système national sécurisé et intégré d’identification des personnes et de suivi de leurs activités avec la possibilité de compiler et d’archiver leur histoire économique et bien d’autres attributs qui facilitent la traçabilité et la lisibilité de leurs efforts et des résultats obtenus. Ce système, quand il est bien fait, facilite la mobilisation des ressources de l’État (taxes et impôts), permet aux consommateurs et aux entreprises d’établir une histoire de crédibilité facilitant leur accès aux crédits et autres ressources, et enfin augmente la confiance des investisseurs dans l’économie nationale.
• Appel national des fonds par l’émission des bons de trésor
Pour le financement des grands travaux comme la construction des routes, des chemins de fer et autres grandes infrastructures, l’État pourra faire appel à l’épargne nationale en émettant des « bons de trésor ». Ce mécanisme de mobilisation des fonds pourra être privilégié dans le financement des infrastructures qui ont le potentiel de générer du cash flow pour repayer leur remboursement. Par exemple, le financement de la construction des autoroutes et ponts par un tel mécanisme pourra facilement être remboursé avec les revenus des péages ou autre système de taxes sur ces infrastructures. L’idée ici est de créer une grande infrastructure routière nationale facilitant le développement des entreprises partout sur le territoire national. Un bon réseau routier facilitera aussi le transport des biens pour une vente qui génère des profits et permet ainsi aux entreprises non seulement de payer de bons salaires aux travailleurs, mais aussi de payer des impôts et taxes au gouvernement pour lui permettre à son tour de rembourser avec des intérêts les bons de trésor émis. Il est indispensable de restaurer la crédibilité de l’État et de stimuler l’économie locale pour encourager les populations à soutenir cette politique d’émission de bons de trésor.
• Mobilisation de la diaspora
La diaspora est une force de grande importance qui doit être mobilisée et intégrée de façon plus active à la construction de ce Cameroun nouveau. Il en est de même de l’élite intérieure travailleuse et consciencieuse, qui ne demande qu’à servir avec dévouement et ténacité le pays. Des dispositions seront prises le moment venu, pour mobiliser toutes les ressources de quelque origine qu’elles soient, pour financer et soutenir l’effort national de développement.

La proposition consistant à encourager le support des banques communautaires, régionales et commerciales a tout son sens.
Je suis souvent très réticent à appliquer à un pays des solutions ayant prouvées leur efficacité ailleurs. Mais le cas de l’Inde constitue un exemple patent ou les banques améliorent leurs profits tout en rendant un service communautaire.
L’agriculture, dans les pays sous développés et le Cameroun n’y échappe pas, tiens une place prépondérante. Cependant cette agriculture manque souvent de moyen de productions pouvant améliorer la productivité. Soyons clair, je ne parle pas de procédé chimiques ou de semences génétiquement modifiées. Les banques pourraient jouer ce rôle en développant des programmes permettant à nos agriculteurs de mieux produire en quantité et en qualité.
Le lien suivant est un rapport sur les différentes initiatives entreprises par des banques dans des pays sous développés
http://www.hks.harvard.edu/mrcbg/CSRI/publications/report_19_EO%20Finance%20Final.pdf, en passant par le programme d’assurance et de semence en Inde au cas du Ghana avec une application de la microfinance.
Le Cameroun jouit également d’une place de choix en Afrique Centrale lui offrant la possibilité de conquérir de nouveaux marchés. Dynamiser la production agricole et améliorer les routes d’écoulement de la production permettront de conquérir les marchés des pays voisins.
Longtemps on a cru que le développement passait par le gouvernement ou la politique, cependant l’histoire montre que les entreprises petites et moyennes sont les plus gros employeurs et restent le moteur de l’expansion économique. Le rôle de l’état est de définir et d établir les règles de la libre concurrence et bâtir des infrastructures encourageant et permettant l initiative privée.