« Dans la plupart des pays, les citoyens possèdent la liberté de parole. Mais dans une démocratie, ils possèdent encore la liberté après avoir parlé » André Guillois
Tout État de droit ou État démocratique, digne de ce nom se doit d’assurer, à chaque individu, à chaque citoyen, le respect et la protection des libertés publiques ou des libertés fondamentales. Lorsqu’un pays, un gouvernement renonce, échoue ou tout simplement se refuse à garantir à ses citoyens ces différentes libertés, il rompt là tout simplement le contrat social qui le lie au peuple et dès lors, rien de grand n’est plus possible. Le développement et le progrès ne peuvent pas de façon solide s’installer dans un pays qui ne respecte pas les libertés publiques, contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire sans succès depuis de nombreuses années de nombreux gouvernements non démocratiques installés confortablement dans de nombreux pays d’Afrique au Sud du Sahara.
Dans un État policier, répressif, dictatorial, le droit à la vie, le respect de la dignité humaine, la liberté de penser, la liberté de culte, le droit à l’éducation, le respect de la dignité humaine, etc. ne sont ni protégés, ni respectés, ni garantis par l’État. Les répressions sanglantes des années 1990 au Cameroun, les nombreuses violations des droits des individus (détentions arbitraires et abusives, exécutions sommaires, refus d’accès au juge, dénis de justice, violations des droits de propriété, du droit à l’éducation, à la formation, etc.), le massacre en 2008 des jeunes qui ont tout simplement osé demander le respect et la garantie de leurs droits les plus fondamentaux, le ‘musèlement’ et les intimidations constantes des hommes et femmes de la presse, de la société civile engagée, de l’Église, de la diaspora, ou de tout simple citoyen qui essaie tant bien que mal d’informer le peuple, de défendre les libertés, le refus persistant d’établir et d’assurer l’équité, la justice, la sécurité, ont conduit à construire une société composée de nombreux Camerounaises et Camerounais frustrés, bridés et incapables de se projeter et de s’épanouir dans leur propre pays.
Il est important dans un Cameroun nouveau, de mettre en place un système démocratique basé sur des structures et institutions solides et fortes, de prévoir des mécanismes de contre pouvoirs à tous les niveaux afin de mettre définitivement fin aux gangrènes qui détruisent chaque jour notre société (corruption, tribalisme, népotisme, favoritisme, etc.).
Ensemble, nous pensons que les gouvernants doivent être responsables devant les gouvernés ; Ensemble, nous pensons que les gouvernants ne doivent pas être au dessus des lois ;
Ensemble, nous pensons que les pouvoirs en présence dans notre pays doivent être soumis aux épreuves de contrôle et de validation concurrentes et complémentaires ;
Ensemble, nous pensons qu’il est plus que temps de réunir et de mettre en place tous les mécanismes capables de permettre à notre cher pays de s’installer solidement et de façon définitive dans la démocratie.
Il est nécessaire tous Ensemble, et ce forum est un lieu propice pour le faire, de répertorier tous ces éléments et matériaux qui seront nécessaires afin d’établir une société juste, égalitaire, respectueuse des droits et libertés individuelles et collectives, c’est-à-dire tout simplement une société démocratique.
Quelques citations :
1- « La pire des démocraties est de loin préférable à la meilleure des dictatures. » [Ruy Barbosa]
2- La démocratie devrait assurer au plus faible les mêmes opportunités qu’au plus fort. [Gandhi]
Extrait de Tous les hommes sont frères
3- La liberté et la démocratie exigent un effort permanent. Impossible à qui les aime de s’endormir. [François Mitterrand] Extrait d’une interview dans L’Express – Juillet 1989

au point ou nous en sommes au Cameroun, toute la problématique de la liberté se résume a la liberté de vivre et de vivre dignement. Je veux dire manger trois fois par jour, se vêtir de vêtements neufs, aller a l’école de son choix, se soigner lorsqu’on est malade, accéder a une justice équitable si on se sent pesé, se loger, se déplacer. Bref la liberté d’être homme, simplement. Cela nous l’avons perdu, du moins on nous l’a vole
Quelles libertés aujourd’hui au Cameroun?
Officiellement,aucune. Officieusement, n’importe la quelle, au choix, avec beaucoup de risques.
J’aurais voulu introduire dans ce débat plutôt le combat pour la démocratie qui mène aux libertés. Dommage qu’en 2010, nos compatriotes ont complètement perdu la notion de bataille, de combat, de lutte. Je ne parle pas ici de prendre les armes, mais d’utilisation d’autres formes d’outils pourtant accessibles, afin d’arriver à imposer la vraie démocratie à nos dirigeants actuels.
Les africains en général et les camerounais en particulier ont la fâcheuse manie de tout recevoir gracieusement, sans effort aucun. Rappelons-nous de nos indépendances offertes sur des plateaux d’argent. On sait ce qu’il en est aujourd’hui.
Je n’ai pas la science infuse. C’est juste une idée. Probablement, d’autres l’ont déjà expérimentée : l’arme économique. L’arme économique existe et est à notre portée, si l’on utilise de façon pragmatique et sans état d’âme.
Bien organisée, sans tambour ni trompette, la diaspora pourrait affûter une arme économique. Le Cameroun est un pays sous développé qui a besoin d’argent pour financer certains de ses projets, même les plus petits. Si la diaspora arrive à financer au fil des années un certain nombre de projets, elle entrera dans le « système » progressivement, arrivera certainement à le contrôler et à représenter aux yeux de la population une force de proposition.
Alors, que la diaspora se rende progressivement incontournable dans un premier temps dans la vie économique du pays, que ses actions économiques soient connues du peuple qui se réveillera et se « retournera » progressivement jusqu’à suivre la et l’appuyer massivement.
Bonjour, Bonsoir,
Je réponds au Dr Maurille Feudjo.
Avant d’intervenir, j’aurais voulu savoir, Dr de quelles libertés dont l’abus occasionne une bonne majorité de problèmes fonctionnels dans notre pays. Merci de bien vouloir m’éclairer sur le sujet.
Je suis bien d’accord avec Martin ETINGUE-DOUALLA. La démocratie n’est pas une invention occidentale, même si on a tendance à présenter la démocratie athénienne du Ve siècle av. JC comme l’unique modèle fondateur.
La démocratie est coexistante à toutes les formes de mise en règles de la société (des sociétés). Les formes actuelles, considérées comme les plus satisfaisantes (ou les moins pires, a dit quelqu’un), ne sont pas intangibles, ne peuvent être définitives, ni universelles.
Tout est toujours à inventer, ou à réinventer en puisant (pourquoi pas?),légitimement, dans la tradition, et dans les cultures dites populaires.
Un nouveau Cameroun pourrait être le champ expérimental de formes différentes de la démocratie.
Ce forum en offrira peut-être les germes…
En toile de fond de ce débat nécessaire sur les libertés publiques individuelles et collectives, il est important d’inscrire la question de la liberté nationale, et en particulier de la maîtrise par la nation de ses propres richesses.
A lire, pour situer le problème:
http://www.alternatives-economiques.fr/afrique–capitaux-en-fuite_fr_art_946_50180.html
Je constate en lisant la rubrique « Présentation », que la question des libertés est posée dans le contexte global de la thématique de la DÉMOCRATIE. De ce fait, j’estime qu’il serait plus approprié de discuter plus clairement de la démocratie ou de son absence au Cameroun puisqu’un tel débat éclairerait mieux notre analyse des libertés publiques.
Je pense donc qu’il faudrait tout d’abord mener et gagner la bataille de la démocratie, la vraie, solide, visible et palpable dans les faits. Ensuite cette démocratie forte débouchera naturellement sur son corolaire que représentent les différentes formes de libertés.
En d’autres termes, je souhaite simplement que l’on réfléchisse. Je ne suis pas nostalgique. Mais si adoptons aujourd’hui les traditions démocratiques de nos ancêtres, en essayant de les »moderniser », je paris que cela ne nous prendra pas une dizaine d’années pour bâtir des institutions solides et respectables.
Merci
Bonjour,
Je réagis sur l’article »Pour un nouveau Cameroun ».
Je suis venu au monde il y a juste un demi siècle. Je suis également quelqu’un de très positif et aussi optimiste sur l’avenir de notre pays. Notre génération ne verra certainement pas le »Cameroun Nouveau », la génération suivante aura plus de chance.
Ce que je voudrais dire ici est que chacun des 180 pays ou plus recherche plus ou moins la prospérité et le bien être pour son peuple. Cette recherche fait que tous ces pays sont engagés de force dans une guerre à l’échelle mondiale, pour une part de ce gâteau. Et ceux qui ont eu la chance de le comprendre très tôt essaient en permanence de dominer les autres. C’est ce que l’on appelle vulgairement l’HEGEMONIE.
Pourquoi je vous parle ainsi? Et bien parce que je vois qu’il s’agit ici de liberté(s), de démocratie. Mais voyons, même de Rousseau.
Imaginez juste une seconde, il y a seulement 400 ans, juste avant la colonisation de nos pays. Comment vivait-on? Y avait-il pas de régimes structurés, y avait-il pas de démocratie, de liberté(s)?
Nous avons accepté de gré ou de force qu’on nous dise que nous vivions dans la barbarie.
Il y avait l’arbre à palabres sous lequel on résolvait (tout au moins on essayait de résoudre) tous les litiges, sous lequel chacun avait la parole sans distinction de rang social. N’était-ce-t-il pas la démocratie et la liberté d’expression?
Aujourd’hui nous nous vivons tous dans la modernité, mais de force, pas de gré. Nous avons adopté des moules qui n’ont pas été conçus ni par nous, ni pour nous, dont parfois une bonne partie de nos populations ne comprennent pas l’essence, mais que l’on nous a vendus clés en mains. Et vous voulez réussir?
Je vous souhaite bon courage, car la route sera très longue.
La liberté n’est pas l’anarchie, certes.
Dans un Etat démocratiquement constitué, les libertés sont définies dans le cadre d’un contrat social (tel que le propose Rousseau) qui permet aux citoyens, par le biais de moyens d’expression constitutionnels(élections, référendums) de fixer eux-mêmes le champ législatif, et les limites, de leurs libertés.
Libertés, droits et devoirs civiques doivent former un tout, et s’inscrire, pour leur application, dans un fonctionnement étatique fondé sur la séparation stricte des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire).
Dans une démocratie qui fonctionne bien, le pouvoir n’est ainsi que « l’exécutif » des lois élaborées par les représentants des citoyens (voie parlementaire) ou par les citoyens eux-mêmes (voie référendaire).
C’est vers cet idéal que doit tendre tout mouvement démocratique.
Hi,
I am 23yr of age; sadly I didn’t live the majority of my live in Cameroon. When I read the question « quelles libertes aujourd’hui au Cameroun? » and went through the pole i was very surprised to see « liberte de mouvement » as the top concern for the first 400+ votes. I know very little about the everyday life of a Cameroonian back home so my question is « why is the freedom of movement such a concern? »
Quelles libertes aujourd’hui au Cameroun?
Question tres pertinente, question a coup sur d’actualite. Il ya certainement un certain aujourd’hui au Cameroun un certain nombre de libertes et peut etre d’ailleur, par endroit, trop de libertes. Une bonne majorite des problemes fonctionnels du Cameroun aujourd’hui prennent justement leur essence dans l’abus de certaines libertes. Je pourrais elaborer sur ce point ulterieurement. Pour toute societe moderne, l’exercice profond et optimal des libertes ne peut s’effectuer que dans un cadre bien definit et surtout bien controlle.
Par contre, celle centrale,de penser,